Exposition : Floraison à l’Hôtel & Spa La Belle Juliette

© Maia Flore

Bouquets romantiques, empreintes de pétales et champs d’été, les fleurs s’épanouissent sur les murs de la Galerie BJ pour cette nouvelle exposition dont je suis la commissaire. Tulipes, marguerite, lys ou centaurées, cette nouvelle exposition se consacre aux fleurs, un hommage des photographes à la nature épanouie.

© Juliette Bates

Juliette Bates photographie une figure féminine dissimulée derrière son bouquet et laisse notre imaginaire inventer la suite de l’histoire. Philippe Blache rend hommage à la tradition picturale de la nature morte avec la composition lumineuse d’un bouquet de lys dans un vase chinois.

© Philippe Pache

Maia Flore invente l’envolée joyeuse des couleurs au dessus d’un champs de colza et nous transmet l’émotion d’un jour d’été. Monique Jacot conserve la fraîcheur des capucines dans un polaroid poétique et Simone Kappeler fige l’empreinte des fleurs des champs par le procédé cyanotype ou rend visible leur structure par l’usage imaginatif de l’appareil radiographique de son dentiste.

© Jacques Pugin

Jacques Pugin, avec une oeuvre de la série Graffiti rouges, dessine la trace d’une bougie au dessus d’un champs de pissenlits et révèle la magie que la photographie apporte au réel. FLORE, qui utilise comme lui le procédé des tirages Fresson, capture un délicat rameau en bouton, évocation poétique du réveil de la nature.

En noir et blanc mais surtout en couleurs, ces sept photographes proposent un regard sur la beauté des fleurs, avec une approche souvent expérimentale du medium, par le photogramme, le light-painting, la post-production ou des procédés de tirage alternatifs.

L’exposition Floraison est réalisée en collaboration avec la Galerie Esther Woerdehoff.
FLORE est représentée par la Galerie Sit Down.

Hôtel & Spa La Belle Juliette
92 rue du Cherche-Midi
75006 Paris

Ouvert tous les jours, de 11h à 22h, entrée libre
Jusqu’au 31 août

Exposition : Chema Madoz à Hauterives

J’ai le plaisir d’être la commissaire de l’exposition consacrée à Chema Madoz qui vient d’ouvrir au Château d’Hauterives dans la Drôme, juste à côté du célèbre Palais idéal du Facteur Cheval.

Organisée par la Galerie Esther Woerdehoff, cette exposition présente une cinquantaine de tirages du photographe espagnol, datant de 1987 à 2017 et une sélection rarement montré des objets qui servent à réaliser les photographies.

Né à Madrid en 1958, Chema Madoz découvre la prise de vue et le tirage photographique en autodidacte au début des années 1980, dans l’effervescence créative de la Movida. Il commence à exposer ses œuvres en 1983 tout en travaillant comme employé de banque. C’est au début des années 1990 qu’il choisit d’arrêter de photographier les personnes et les paysages pour se consacrer uniquement aux objets. Le photographe les glane dans les brocantes, les boutiques ou même les poubelles, aux hasards des rues. Son studio devient un cabinet de curiosités anodines qui attendent d’être révélées, un bric à brac qu’il transforme, retravaille, assemble, oppose pour créer des associations inattendues, dans l’esprit du Surréalisme.

Les objets choisis semblent issus d’un imagier atemporel : souliers, livres, montres ou papillons et Chema Madoz les extrait de leur fonction utilitaire pour réaliser les rêves auxquels ils aspirent et les capturer avec son appareil photo en moyen format. Travaillant uniquement en noir et blanc et en argentique, le photographe tire lui même ses photos, dans un format unique à chaque image qui joue avec l’échelle de la réalité. Depuis plus de trente ans, avec une créativité sans cesse renouvelée, ses images décrivent un monde d’objets métamorphosés par son regard illusionniste, les poèmes visuels d’un magicien de la photographie.

« Nous pensons que la réalité est inaltérable mais c’est tout l’inverse. Il suffit d’un petit clin d’oeil pour que tout se modifie. » Chema Madoz

Exposition jusqu’au 31 août 2018
Château d’Hauterives, Drôme

Chema Madoz est représenté par la Galerie Esther Woerdehoff

Exposition : Amoureux, à l’Hôtel & Spa La Belle Juliette

Après un voyage entre Paris et New York, je propose une nouvelle exposition de photographies à l’Hôtel & Spa La Belle Juliette, avec une célébration en noir et blanc sur le thème de l’Amour, juste à temps pour la Saint Valentin !

Le Baiser, Santa Monica, California, 1955 – © Elliott Erwitt, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Elliott Erwitt compose des photographies, désormais iconiques, qui semblent sortir d’un film américain des années 50. René Groebli, avec sa série l’Œil de l’amour, se souvient avec tendresse et sensualité de son voyage de noces dans un petit hôtel parisien, en 1952. Dans les années 60, Karlheinz Weinberger accueille les jeunes rebelles qui se réfugient dans son appartement de Zurich pour vivre leurs premières amours, fougueuses et contestataires.

No. 6206180, Halbstarke – © Karlheinz Weinberger, courtesy Galerie Esther Woerdehoff

À la même époque, Léon Herschtritt photographie Les Amoureux de Paris et leurs sages étreintes dans les cafés de la
rive gauche. Plus près de nous, Catherine Balet revisite l’histoire de la photographie et met en scène son modèle, Ricardo, dans un hommage audacieux à Doisneau et à son Baiser de l’Hôtel de ville.

© Catherine Balet Looking for the Masters in Ricardo’s Golden Shoes #38 (2014) Hommage à Robert Doisneau, Le Baiser de l’Hôtel de ville, 1950 Tirage pigmentaire, encadré 70 x 82 cm Édition : 1/9
Looking for the Masters in Ricardo’s Golden Shoes #38 (2014), Hommage à Robert Doisneau, Le Baiser de l’Hôtel de ville, 1950, © Catherine Balet, courtesy Galerie Thierry Bigaignon

Jason Langer suggère la complicité d’un couple dans le détail d’un jeu de jambes. Flore, avec un diptyque issu d’une femme française en Orient, évoque l’intimité sensuelle dans de petits tirages précieux.

Le lit de la fiancée, 2011, © Flore, courtesy Galerie Sit Down

À travers les œuvres de sept artistes et un demi-siècle de photographie, cette nouvelle exposition-vente à la galerie BJ célèbre toute la beauté du sentiment amoureux dans l’environnement élégant et chaleureux du salon de l’Hôtel & Spa La Belle Juliette.

L’exposition Amoureux est réalisée en collaboration avec la Galerie Esther Woerdehoff, la Galerie Thierry Bigaignon qui représente Catherine Balet et la Galerie Sit Down qui représente Flore.

Hôtel & Spa La Belle Juliette
92 rue du Cherche-Midi – 75006 Paris

Du 3 février au 3 mai 2018
Ouvert tous les jours de 11h à 22h – Entrée libre

Gail Albert Halaban à La Belle Juliette

De New York à Paris, la nouvelle exposition organisée par la Galerie Esther Woerdehoff à l’Hôtel & Spa La Belle Juliette présente les œuvres de la photographe américaine Gail Albert Halaban.

Out My Window, Upper East Side, Baby at Window, 2008, © Gail Albert Halaban, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Dans ses séries Out My Window, à New York, puis Vis à Vis, à Paris, Gail Albert Halaban photographie la ville et ses immeubles, et leurs habitants mis en scène dans la banalité de leur vie quotidienne. Paysages urbains spectaculaires où les appartements semblent s’éclairer comme des petits théâtres lumineux, ses œuvres dévoilent les particularités architecturales et culturelles des quartiers et des citadins. La photographe porte un regard original sur les villes et nous offre une vision de nos voisins à l’échelle des immeubles, lointains et proches à la fois.

Le 3 novembre 2012, rue de la Cerisaie, Paris-4e, © Gail Albert Halaban, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Gail Albert Halaban se place même niveau que ses sujets, en les photographiant depuis l’immeuble en face, et parvient à figer des moments de vie dans un décor cinématographique qui les dépasse et s’ouvre sur la ville toute entière. L’impression de curiosité déplacée ressentie en observant ces photographies disparait lorsque l’on connait la démarche de l’artiste : “Dans mes images, mes sujets sont toujours conscients que je les photographie. Ils acceptent ce glissement du privé vers le public et coopèrent avec moi pour créer cette image voyeuriste”. En utilisant les réseaux sociaux, Gail Albert Halaban contacte les habitants et leurs voisins et ses images fabriquent ainsi du lien social dans l’anonymat des villes.

Out My Window, Chelsea, Dance Studio, 2009, © Gail Albert Halaban, Courtesy Galerie Esther Woerdehoff

Née en 1970, à Washington, Gail Albert Halaban étudie la photographie à la Rhode Island School of Design puis à l’Université de Yale. Son travail personnel interroge le paysage urbain et l’intimité des habitants des grandes villes. Fascinée depuis toujours par le travail du peintre Edward Hopper, elle lui dédicace sa série Hopper Redux où elle revient sur les lieux peints par l’artiste. Après New York et Paris, la photographe américaine poursuit son projet Out My Window dans d’autres capitales. Ses séries ont donné lieu à de nombreuses expositions et à plusieurs livres, publiés en France par les éditions de La Martinière.

Gail Albert Halaban
Exposition du mercredi 7 septembre au samedi 26 novembre 2016

Hôtel & Spa La Belle Juliette
92 rue du Cherche-Midi 75006 Paris
Ouvert tous les jours de 11h à 22h, Entrée libre

Texte initialement écrit pour La Belle Juliette et la Galerie Esther Woerdehoff

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René Groebli, Early Works

La Galerie Esther Woerdehoff exposera prochainement deux séries emblématiques des premiers travaux du photographe suisse René Groebli, né en 1927 : Magie der Schiene et Das Auge der Liebe.

Cette exposition présentera une sélection exceptionnelle de tirages vintage ainsi qu’une édition récente des photographies de ces deux séries, mises à l’honneur par la publication du livre René Groebli, Early Works par les éditions Sturm & Drang.

Exposition du 15 septembre au 23 octobre 2015
Vernissage et signature de son livre par l’artiste, le mardi 15 septembre, de 18h à 21h

Rene_Groebli_531-25cm

Né en 1927 à Zurich, René Groebli prend ses premières photos avec un Rolleiflex en 1942 et commence à apprendre la photographie l’année suivante. En 1945, il étudie à l’école des Arts et Métiers de Zurich auprès de Hans Finsler puis se forme comme opérateur de cinéma et commence à expérimenter la photographie du mouvement. Dans les années 1950, il travaille comme reporter pour l’agence londonienne Black Star et publie dans les grands magazines de l’époque puis ouvre un studio de photographie publicitaire et industrielle qu’il conservera jusqu’à sa retraite. Reconnu comme un maitre de la couleur, il pratique tous les genres et suit les évolutions stylistiques et techniques de la photographie sur cinq décennies, dans une approche où l’avant-garde se mêle à une esthétique plus classique. En 1981, le photographe vend son fonds et s’installe en Provence où il redécouvre les possibilités du noir et blanc dans son travail personnel. Il continue à exposer et à publier son travail et, en 1999, le Kunsthaus de Zurich lui consacre une grande exposition rétrospective.

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Magie der Schiene (la magie du rail) est son premier livre, publié à compte d’auteur en 1949. René Groebli est alors âgé de 22 ans, il commence sa carrière de photographe, voyage régulièrement hors de Suisse et prend le prétexte d’un trajet à bord de l’express Paris-Bâle pour réaliser ce travail personnel. Dans un style extrêmement audacieux, où l’on perçoit l’influence de la nouvelle objectivité et du Bauhaus et de l’école de Design de Zurich, Groebli crée une série profondément personnelle. Traversant la banlieue parisienne et la campagne française de l’après-guerre, René Groebli passe de la cabine du conducteur à l’intimité d’un wagon, fixe l’entrée des tunnels ou le tracés des lignes électriques dans le mouvement, photographie le travail des cheminots et les locomotives lancées à toute vapeur.

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Par le jeu du grain, du flou et du contraste, et une exploration méthodique de son sujet, René Groebli parvient à restituer la vitesse et le bruit du train, la dureté du métal et l’odeur du charbon, livrant une œuvre expérimentale et radicale autour d’un sujet unique. De cette recherche esthétique formelle et rigoureuse nait un livre rare, sélection de 14 photographies accompagnée d’un poème d’Albert Ehrismann, un exercice de style exceptionnel pour l’époque qui fait immédiatement entrer son auteur dans la cour des grands. Édité en allemand et en anglais à 1000 exemplaires, encore récemment célébré par Martin Parr dans son Photobook et toujours recherché par les collectionneurs, Magie der Schiene a marqué l’histoire de la photographie.

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Dans une approche radicalement différente, qui illustre la liberté de style que le photographe exercera tout au long de sa carrière, Das Auge der Liebe (L’Oeil de l’amour) retrace le voyage de noces de René Groebli et de sa femme, Rita, au début des années 50. Le couple s’étaient marié en 1951, mais le manque d’argent et de temps avait retardé leur voyage de noces. Trois ans plus tard, ils partent enfin célébrer leur amour à Paris et séjournent à Montparnasse dans un hôtel modeste. Le photographe prendra plus de 300 clichés, au Rolleiflex et au Leica. Le livre, publié en 1954, n’en retient que 25, sélection précise effectuée par René et Rita.

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Dans un noir et blanc doux et délicat, le photographe réinvente le nu et dévoile les jambes, les seins, le corps de son épouse mais aussi son visage, ses mains et le décor de l’histoire. Dans cette chambre d’hôtel modeste de la France de l’après-guerre : rideaux en dentelle à angelots, lits de fer et papiers peints à fleurs, où s’épanouissent pourtant leurs amours débutantes. Cette vision sensuelle de l’amour conjugal sera qualifiée à l’époque de pornographie par un journal local zurichois. Pour nous, c’est un poème érotique et sensible : le photographe nous fait entrer dans la chambre à coucher et cette intimité offerte à l’objectif est le plus beau témoignage de son amour.

Textes écrits initialement pour la Galerie Esther Woerdehoff
Plus de photographies de René Groebli sur le site internet du photographe